La 3D pour tous : de nouvelles opportunités pour les concepteurs
Par Denis LOURME, Directeur du portail www.cao.fr
La démocratisation de la 3D est en marche. Notre quotidien personnel (disons le franchement, notre quotidien de consommateur), va de plus en plus nous immerger dans la 3ème dimension animée et interactive. Cela a commencé par de superbes publicités, des prouesses techniques au cinéma – dans ces deux exemples nous sommes plutôt spectateurs passifs - et par des jeux vidéo dont nous sommes acteurs au sein d’un monde virtuel.
Ce que Dassault Systèmes appelle « la 3D pour tous » va bien au-delà de ces premiers exemples qui font appel à des studios importants et à des équipes de développeurs chevronnés.
Avant de voir les nouvelles opportunités qui vont apparaître pour ceux qui ont une expérience CAO, citons quelques exemples de démocratisation de la 3D dans le court terme :
- Introduction de la 3D dans les publications commerciales des entreprises (Web, PDF 3D ou autres formats) et dans la remise de propositions au client.
- Magasins virtuels façon Second Life.
- Développement des publications techniques en 3 dimensions utilisant en particulier l’animation de modèles et l’interaction sur ces derniers : notices de montage, d’entretien,... y compris à destination du grand public
- Premières esquisses de la « mass customization » (personnalisation de masse) qui permettra à chacun de commander un produit entièrement ou partiellement personnalisé, y compris dans certaines de ses formes géométriques. Le cas des prothèses auditives modélisées à partir d’une digitalisation de l’oreille et « fabriquées » sur imprimante 3D est déjà d’actualité.
Les grands acteurs de la CAO s’intéressent aux techniques de visualisation et d’animation 3D à destination du grand public : Autodesk a fait l’acquisition d’Alias et donc de 3DS Max et de Maya et dispose même d’une division « media & diverstissement » dédiée aux solutions pour les industries du cinéma et des jeux vidéo. Dassault Systèmes a racheté Virtools et tout récemment Seemage. L’éditeur français a même annoncé une Joint Venture avec Publicis pour proposer par exemple aux annonceurs la création de magasins virtuels.
Ces applications vont créer de nouvelles opportunités pour tous ceux dont la CAO est la spécialité (en plus de faire mieux comprendre à leurs proches ce qu’est leur métier …) :
La conception en 3D va trouver de nouvelles justifications en aidant à vendre
D’un strict point de vue technique, il y a des métiers où la 3D a parfois du mal à se justifier. Le Dessin Assisté par Ordinateur peut paraître suffisant si les données n’ont pas à être exploitées pour des calculs, de la simulation ou pour la production. C‘est ainsi qu’on trouve encore beaucoup de logiciels 2D (AutoCAD en particulier) chez les architectes ou dans la conception de machines spéciales pour ne citer que deux exemples.
A partir du moment où un modèle 3D pourra être utilisé par certains pour mieux vendre leur bâtiment ou expliquer comment fonctionnera leur machine, la question à se poser ne sera plus « La 3D m’est-elle vraiment utile ? », mais « Continuerai-je à trouver des affaires en montrant un simple plan ou une jolie illustration à mes prospects ? ».
Même Monsieur et Madame Toutlemonde ne concevront plus dans quelques années de faire bâtir une maison sans l’avoir visitée virtuellement au préalable.
Ainsi, la 3D pour tous, et c’est bien pour cela que les éditeurs CAO s’y intéressent, va devenir un véritable levier pour une meilleure pénétration de la 3D dans les entreprises ou les cabinets d’architecture et entraînera de nouvelles opportunités d’emploi ou d’évolution.
La conception en 3D va trouver de nouvelles justifications en aidant l’utilisateur final
Avec la même conséquence en terme de pénétration de la CAO, la réalisation, par exemple, de notices de montage en 3D va également justifier davantage la notion de modèle. Alors, peut-être, ne resterons nous plus avec une vis dans la main quand notre meuble en kit est assemblé.
De nouveaux métiers vont apparaître, à la lisière du BE
Sans en connaître encore l’intitulé exact, on peut s’attendre à la naissance de certains métiers. Pour exploiter le modèle en amont et en aval comme nous venons de le voir, les entreprises auront besoin de « spécialistes de la 3D » pour animer, texturer, éclairer et rendre interactifs des modèles 3D.
Deux catégories de personnes sont particulièrement bien placées pour prétendre à ces postes : des designers « artistes » férus de 3D et des spécialistes de la CAO attirés par la réalité virtuelle.
Sans doute les premiers trouveront des opportunités en amont (documentations commerciales, web 3D, …) et les seconds en aval (documentations, notices, supports de cours, …) car les concepteurs d’un produit ou d’un projet sont les mieux placés pour en expliquer « virtuellement » le principe ou le mode d’emploi.
Comment s’y préparer
La chance de la deuxième catégorie de personnes est que l’utilisation de logiciels d’animation ou de publication 3D est un jeu d’enfant pour ceux qui maîtrisent un logiciel de CAO, surtout quand le modèle à animer en est issu. Leur habitude de la vision dans l’espace et de la notion d’assemblage leur permet d’envisager une auto-formation sur des logiciels comme Adobe Acrobat3D, Subdo ou d’autres. Ces logiciels proposent généralement une période gratuite de test suffisante pour se faire une idée des possibilités et commencer des animations intéressantes, à condition de muscler un peu son PC.
Parlez-en dans votre entreprise
Si vous êtes en poste dans un des secteurs qui peuvent être concernés (mécanique, produits de grande consommation, architecture, implantation d’espace ou d’usine, SIG…), parlez de ces exploitations des modèles 3D : elles ne demandent qu’un minimum de travail quand le travail a été réalisé en CAO. Et si ces applications vous attirent, proposez de participer à une documentation en 3D, une notice de montage interactive ou suggérez d’introduire des modèles animés dans la plaquette commerciale ou les devis.
Denis Lourme denis.lourme@cao.fr http://www.cao.fr